Bien évidement si l’on parle de clocher c’est qu’à Joncreuil l’histoire a fait que celui qui surplombe l’église
est spécial. Dôme Impérial, c’est sa dénomination.
Il est unique dans la région et il serait dommage de le voir disparaitre. Mais comment sauvegarder un clocher
sans préserver son église ?
Celle de Joncreuil au patronyme de Saint Pierre Es Liens Qui lui vient sans doute de la création du village en
l’an 900 par les moines de Margerie qui s’installèrent dans une demeure qui deviendra la Ferme de Parnolles,
(célèbre par le crime crapuleux qui s’y déroulera en 1793, - (6 morts), à son origine son nom était sainte
Pétronille sa fille Sainte Pétronille
EN 1793 la ferme est la propriété de ROY durant la tuerie de la St Nicolas. Cette nuit là la dernière des trois cloches de l’église de Joncreuil trop lourde pour être pillée par le révolutionnaire sonna le tocsin.
GRISON ancien officier de l’armée révolutionnaire qui était sans doute le chef de la bande de malfaiteurs a été arrêté et exécuté à Troyes pour sa participation ç l’assassinat de la Princesse de Lamballe
site CLUNISIEN
Dans un cartulaire de Lalore on découvre que la grange ( à cette époque le terme grange voulait dire habitation ) de Parnolles est devenue propriété de Cluny sous couvert de Margerie. Y a-t-il relation de cause à effet, au-dessus des chapiteaux de ses piliers du chœur l’église de Joncreuil existent encore quatre de ces figures de moines. Les artistes seraient-ils venus se tester à Joncreuil. Notons que l’Abbaye de Cluny est réputée pour ses sculptures de visages de moines et que Margerie est une succursale de Cluny. On y trouve plus de cent sculptures de visages humains et monstres.
Corsin de Cluny ou pas ?
Il ne fait aucun doute que Joncreuil a connu un site Clunisien en la ferme de Pernolles communément nommée Parnolles, résidence des moines dépendants de Margerie et même venant de Cluny. Au XIIIème siècle, deux abbés de Cluny, Guillaume d’Alsace est nommé prieurs de Margerie, puis se sera puis Gérard de Flandres. Le prieuré est abondamment cité dans les comptes-rendus annuels que rapportent les moines visiteurs au Grand Chapitre de l’abbaye de Cluny. Les prieurs successifs de Margerie participeront souvent au plus haut niveau à cette gouvernance collégiale du réseau des monastères clunisiens. L’église de Joncreuil pourrait être reconnue par la fondation Européenne des Sites Clunisiens comme étant unlieu qui reste dépositaire d’une parcelle du patrimoine clunisien au sens large du terme » (article 2 de ses statuts). Cette définition permet ainsi de considérer comme site clunisien:Des prieurés tentaculaires avec leur propre réseau d’influence, des prieurés « clones » de Cluny, fonctionnant selon le même schéma domanial
Dde SAINTA PETRNILLA A SAINTE PETRONILLE EN LA FORET A PERNOLLES EN PASSANT PAR PARNOLLES
Après ledépart des Romains, Christianisme semaintientdanslesvillesépiscopales.Danslescampagnes,enrevanche,lepaganismenereculequ'avec l'arrivée des moines évangélisateurs. Créateursdecouvents.Lecalmedeslieuxretirésetboisés,favorableàlaprièreetàlaméditation,attirelesermites L'exemple de leur vie simple et pieuse provoquebienvitel'affluencedescurieuxpuisdesdisciplesautourdesermitages.Descouventssecréentets'organisentensuiteselondesrèglesstrictes.Poursubvenir à leur entretien, les moines doivent défricher,ouvrirdesclairièresetcultiver.Lecouventdevientalorscentreévangélisateuretcivilisateur.Ilesttoutàla fois lieu d'accueil, hospice, "ferme modèle". Il estbientôt l'école, Nous retrouverons l’un d’entre eux enparticulier,celui de laChapelleaux planches.
La première demeure de Joncreuil fut certainement bâtie par les moines de la Chapelle aux Planches qui vinrent de Margerie vers l’an 900 défricher le foret de Parnolles où ils construisirent une ferme monastère appelée du nom latin Sancta-Pétronilla qui deviendra ensuite Sainte Pétronille en le foret, puis Pernolles et enfin Parnolles que nous connaissons aujourd’hui. Les forêts de Lentilles, Drosnay et celles de Margerie, sont les restes d’un vaste massif boisé qui couvrait la presque totalité du territoire de Joncreuil à cette époque, avant que les moines viennent défricher. Cependant au point de vue philologue l’identification de Petronilla avec Pernolles est justifiée, c’est pourquoi la forme Parnolles encore employée de nos jours est mauvaise. Quoi qu’il en soit nous nous devons de lui conserver ce nom sous lequel elle fut endeuillée par le sombre drame de la Saint Nicolas 1793. Revenons donc a son histoire : Avant 1112 aucun acte ne relate son existence, elle appartient d’après les premiers édits aux moines de Margerie puis son territoire fut donné sous le nom de Ste Petronille en la forêt aux moines de la chapelle aux planches en une charte non datée (1123-1145) par Haton, Evêque de Troyes, à la demande de l’Abbé de Beaulieu, prieur et des moines du prieuré de Margerie, a la condition de payer à ceux-ci un cens de deux sous par an ( Lalore cart. IV. page 2)
Puis par la charte suivante en 1156, Henri le libéral, Comte de Troyes, au profit de Gauthier, Abbé de la chapelle aux planches mentionne la possession de la ferme de Ste Pétronille au territoire de Joncreuil, dans le Comté de Rosnay et renonce moyennant un cens à sa part de terrage sur les terres dépendant des granges de Ste Pétronille sise au territoire de Joncreuil. En 1184, ses vassaux, Simon de Broyes (Sire de Beaufort -Montmorency) et Pierre de Valentigny, Chevalier en 1189, font don de leur part du terrage de Ste Pétronille. (ibid 33/36). En 1199 l’Abbé de Prémonté abandonne à celui de Cluny (dont le prieuré de Margerie dépendait.) la grange de St Pétronille avec ses dépendances, les choses et ustensiles qui s’y trouvaient. La possession de Parnolles est confirmée au prieuré de Margerie en 1279 ( Lalore IV page 40). , « Martini Laudunonsis ; Wilelmi, Cuissiaci ; et Johan nis, Floreme, abbatum, laude et assensu venerabilis fratris nostri Garnerii, Trecensis episcopi, dedit concessit et tradidit imperpetuum dicto monasterio grangiam S. Petronille cum omnibus pertinentiis suis rebus et ustensilibus que erant in ea ; ecclesiam parochialem de Aremberticurte et de Charchericurte, et quicquid domus de Capella habebat in eisdem villis tam in temporalibus quam in spiritualibus ; grangiam quoque de Mercuriicurte cum omnibus ad eam pertinentibus, de quibus omnibus idem Premonsträtensis abbas fecit refutationem omnis cessionis et juris quod ipse vel successores ejus, vel aliquis alius nomine Capelle, Belli Loci, vel Premonstratensis ullo tempore habere possent in eis. Que omnia laudari et rata haberi faciet ab abbate et conventu Gapelle, quando ibi fuerint, et a conventu, et a generali capitulo abbatum Premonstratensium ; et super his litteras ipsorum et suas, sigillatas, eidem monasterio Cluniacensi dari et instrumenta ei tradi et consignari, si qua domus de Capella habet, super predictis possessionibus et earum appenditiis Cluniacensi monasterio traditis et concessis. Dominus autem Hugo, Cluniacensis abbas, de consilio fratrum suorum qui cum eo erant fecit omnem refutationem de predicta Capellä et residuis appenditiis ejus, rebus et ustensilibus earum, si qua temporo facte compositionis erant in eis, exceptis grangiis prefatis et earum pertinentiis, que idem Premonstratensis abbas Clunia- DE LA CHAPELLE-AUX-PLANCHES censi monasterio tradidit et concessit. Quam Capellam cum animalibus ejus, si qua in potestate Cluniaci tempore facte compositionis et transactionis erant, idem abbas Cluniacensis reddet Premonstra. tensi abbati liberam ab omni debito quod a fratribus suis priore et monachis S. Margarite requirebatur usque ad diem prefate compositionis, nomine Capelle vel grangiarunr ejus, et remisit ei quicquid nomine expensarum que sui fecerant Sive alio modo occasione Capelle vel grangiarum ejus. Ad multam quoque predictorum auditorum instantiam pro hono pacis recipiet in domibus Cluniacensibus omnes sorores prefate Capelle, licet hoc ei esse videretur grave admodum et molestum. Et hanc compositionem et transactionem autoritate legationis qua fungimur confirmamus et presentis scripti patrocinio communimus. Nulli- ergo omnino hominum liceat hanc paginam nostram confirmationis infringere vel ei ausu temerario contraire. Si quis autem hoc attemptare presumpserit indignationem om- nipotentis Dei et BB. Petri et Pauli, apostolorum ejus, se noverit incursurum. Datum apud Divio- decembi'is. Pièce produite dans un procès au xvlle siècle (Archio. de l'Aube, lias. G. 540) . » De 1279 à 1563 Parnolles semble rester la propriété du prieuré de Margerie En 1563 on relève dans les archives nationales (G 3) le nom Espernolles qui équivaut à Es Pernolles (les Pernolles). Sous ce même nom on retrouve en 1695 dans un document une vente de datation antérieure, le 21 février 1685 charte où Pernolles tombe aux mains des Laïques. En 1660, sous le nom de Parnolles, les sieurs Le Mairat etLudetreconnaissentlesredevancesduesauPrieurédeMargeriesuccursale de Cluny. L'acte de vente du 16 mars 1695 indique la vente par lesconsorts Le Mairat et Ludet à François du Rupt, écuyer, épouxdeCatherineAdam,delafermedeParnolles. On retrouve à la date du 2 juillet 1736, l'enregistrement'unbailde lafermede"Pernelles"parMessieursdeS d oulanges et de Joncreuil demeurant l'un à Vitry, l'autre àChavanges,moyennant lasomme de400 livres.