« Le Grêlé » : un ancien
gendarme aubois aide à
rouvrir un cold case en lien
avec le tueur en série
Retraité de la gendarmerie, le major Félix a fait un
lien entre les crimes du Grêlé et une vieille affaire qu’il
avait traitée à Paris. L’Aubois s’est mobilisé pour faire
rouvrir ce cold case.
Claude Félix, 78 ans, Marnais d’origine, a le goût de l’enquête chevillé au corps après
toute une carrière en gendarmerie. En septembre 2021, depuis sa maison de Joncreuil où
il passe sa retraite, il est interpellé par une information : l’annonce du suicide de François
Vérove, ancien gendarme et policier, sur le point d’être identifié comme « Le Grêlé ». On
attribue à ce tueur en série des viols ou des meurtres concernant des adultes et des enfants
commis dans les années 80-90. « En écoutant les éléments dévoilés par la presse, je me suis
dit que ça me rappelait une vieille affaire que j’avais traitée quand j’étais à la section de
recherches de Paris. Mais je ne me souvenais plus du nom de la victime ni du lieu exact. »
Une affaire qui remonte à 1990
L’image du corps d’un homme d’une quarantaine d’années, tué par balle et retrouvé dans un bois aux
portes de la capitale, dans l’Essonne, est, en revanche, intacte dans la mémoire de l’ancien major de la
gendarmerie. Il situe cette image dans le temps : une année de Coupe du monde, c’était en 1990. « On a eu
de la chance, on a retrouvé sur place une ogive de balle. » Une chance, car, dans les années 90, les scènes de
crime, ce n’était pas comme maintenant, selon Claude Félix. « Les pompiers marchaient partout, le maire
venait voir ce qui se passait, parfois même le curé. 50 personnes avaient piétiné la zone avant qu’on arrive. »
La découverte de l’ogive est intéressante car elle correspondait à celles qu’on trouvait dans l’arme utilisée à
l’époque par les gendarmes, selon les souvenirs de l’Aubois.
Claude Félix n’avait plus trop pensé à cette affaire qui date de 35 ans jusqu’à la révélation de l’identité
du Grêlé. Il s’est alors mis à cogiter lors de ses longues marches matinales dans les environs de Joncreuil.
Cette affaire, il ne pouvait plus se la sortir de la tête. Il se remémore certains détails de l’enquête. Durant des
mois et des mois, il se renseigne sur le tueur sur Internet et dans la presse. Il en est de plus en plus persuadé :
c’est le Grêlé qui a fait le coup. « À l’époque, on n’avait pas fait le rapprochement entre les meurtres de
petites filles et ça », souligne l’ancien gendarme.
« À l’époque, on n’avait pas fait le rapprochement entre les meurtres
de petites filles et ça. »
Claude Félix
L’ancien gendarme essaie alors d’activer son réseau : anciens collègues, journalistes,
avocats. Ça ne donne pas grand-chose. Il sollicite les parquets de la région parisienne, sans
succès. Le temps passe. « En surfant sur Internet, je tombe alors sur le numéro du pôle cold
case de Nanterre ». L’Aubois a bien l’intention d’être pris au sérieux, cette fois. « J’ai eu
l’idée de me présenter comme le major Félix, on m’a passé le secrétariat de l’instruction. »
Il confie tout ce dont il se souvient de l’affaire. Puis des contacts sont pris en 2024 avec la
juge d’instruction. La magistrate, en lien avec ses équipes, retrouve précisément de quelle
affaire non élucidée il s’agit. Il lui rapporte les rapprochements qu’il a pu réaliser entre
cette affaire et les crimes du Grêlé.
Claude Félix assure, avec fierté : « J’ai appris en fin d’année dernière qu’une
information avait été ouverte » (lire par ailleurs). Il n’aurait jamais pensé, à la retraite,
contribuer à la réouverture d’une affaire qui pourrait concerner un tueur en série comme
le Grêlé.
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